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Banc d'essai :
BOLZANO-VILLETRI,
modèle TORRE

 

TORRE La colonne TORRE est le modèle culminant de la Gamme CAMPANILE de la marque BOLZANO-VILLETRI.

Après quelques semaines d'impatience à peine contenue, nous l'avons reçue dans notre magasin le mercredi 11 janvier dernier. C'est une colonne imposante mais élancée d'1,60m de haut pour 41cm de côté. Nous l'avons reçue en finition "ebony", presque noire, ce qui affine sa silhouette.

Elle était conditionnée dans de magnifiques caisses de type "flight case" aux dimensions impressionantes et faisant plus penser à un accessoire d'illusioniste destiné à faire disparaître son assistante... En revanche, les caisses avec des cornières en aluminium semblent à l'épreuve de tous les chocs.

Une fois déballées, il a fallu les descendre dans notre Auditorium "Prestige". Avec 55 kgs l'unité, cela n'a pas été sans mal...

Une fois sous les "sunlights" de notre auditorium, nous les avons admirées sous toutes les coutures. Ce sont vraiment de très beaux objets, comme seuls les italiens savent les fabriquer. La finition vernie est sublime, malgré quelques petits défauts d'aspects dus au fait que cette paire d'enceinte est encore une pré-série. En tout état de cause une telle finition est sans égale à ce niveau de prix et même bien au-delà...

Réellement révolutionnaires ? Oui ! mais un produit résolument atypique...

Au début, nous les avons mises en oeuvre de façon assez classique : écartées d'environ 3m et légèrement pincées vers le point d'écoute. N'yant pas d'instructions du constructeur les évents latéraux du HP de grave supérieur ont été orientés vers les murs latéraux de l'auditorium.

Pour ne pas trop "typer" l'écoute, nous avons choisi de les relier à l'excellent - et très neutre - couple lecteur CD/Ampli de MIMETISM, les différents câbles étant, comme d'habitude, des MPC de la gamme MELODIE.

Premier contact : nous avons mis un de nos disques "fétiche" : l'ouverture de la 5ème Symphonie de Malher. Là, je vous avoue que cela a été plutôt déroutant. Notre première impression a été que ces enceintes ne sonnent pas du tout comme les autres enceintes. Il a vraiment fallu se remettre en question intellectuellement en essayant d'ignorer nos références habituelles et de se mettre en condition face à quelque chose de vraiment différent.

Ceci fait (avec quelques difficultés, il est vrai), il est rapidement apparu que ces enceintes ont une belle dynamique, une très grande capacité à remplir l'espace, une scène sonore ample, profonde et très précise. Une évidence nous a également frappée : ces enceintes auront besoin d'un rodage substantiel. Cette première écoute laissait apparaître un aigu et un medium-aigu très (trop ?) présent et un grave très tendu et assez court. L'écoute était aussi à la limite de la projection.

Nous avons passé quelques autres disques avec la même impression persistante. Conclusion de cette première écoute : 72 heures de rodage avec le disque de Jean-Marie Reynaud à prévoir avant une seconde écoute.

4 jours plus tard : deuxième essai.

Cette deuxième écoute nous a agréablement surpris et rassurés. Les TORRE ont toujours ces qualités de remplissage de l'espace, de scène sonore large et détaillée, mais elles se sont notablement assagies dans le haut du spectre tout en prenant du poids dans le grave. Certes, le rodage était loin d'être terminé, mais elle s'était considérablement améliorées.

Nous nous sommes alors attachés à analyser ce principe de "délivrance du point d'écoute". Nous avons d'abord laissé les enceintes telles que nous les avions positionnées initialement et nous avons commencé à les écouter dans tous les recoins de l'auditorium pour voir comment se comportait la scène sonore.

Il faut reconnaître que cela fonctionne plutôt très bien et c'est assez bluffant. La scène sonore reste parfaitement cohérente, comme si les enceintes n'existaient pas et que les musiciens jouaient juste derrière le rideau du fond de notre auditorium, quel que soit l'endroit ou nous nous trouvions. En se positionnant au milieu, entre les enceintes, cela fonctionne depuis 50cm en avant des enceintes jusqu'au mur du fond. Pas mal, mais d'autres enceintes savent le faire, me direz-vous ? Nous nous sommes décalés latéralement à droite et à gauche du point d'écoute : cela fonctionne jusqu'aux murs latéraux. Nous nous sommes reculé depuis les murs latéraux et cela a fonctionné jusqu'au mur du fond. Nous nous sommes ensuite avancés vers les enceintes, toujours contre les murs latéraux et cela fonctionne jusqu'à 1,5m environ des enceintes...

Pour notre part, nous n'avions jamais rien constaté de semblable. Le principe mis en oeuvre par ces enceintes fonctionne sur plus de 80% de la surface de l'auditorium !!!

Par ailleurs, nos "promenades" dans l'auditorium ont été effectuées assis et debout : pas de différence notable.

Nous avons en suite joué avec le placement des enceintes et nous avons constaté que les évents supérieurs latéraux doivent être orientés vers les murs latéraux plutôt que l'un vers l'autre. Pour le reste, en les éloignant l'une de l'autre de 4m environ (avec plus d'1m entre-elles et les murs latéraux) la scène sonore s'est encore élargie sans "trou" central. L'éloignement du mur arrière a varié de 80cm à 1,5m environ sans différence notable. Le pincement a varié de la position avec les deux enceintes parallèles jusqu'à un pincement en direction du point d'écoute sans différence notable également. Il faudra affiner avec le temps mais le moins que l'on puisse dire c'est que leur mise en oeuvre est plutôt facile...

Nous en sommes maintenant à plus de 250 heures de rodage et elles continuent de s'améliorer sensiblement à chaque étape. Le haut du spectre reste dynamique mais n'est pas agressif, à peine une petite "brillance". Le grave à pris beaucoup de poids et d'ampleur, même si la disposition des HP (horizontale) ne permet pas de ressentir la pression acoustique que génèrent des HP dirigés vers l'auditeur. Il reste donc globalement tendu, mais sans sensasion de manque.

En conclusion préliminaire, ce sont des enceintes de "spectacle" en ce sens que vous assistez à un spectacle, véritablement comme si les musiciens étaient présents dans la pièce et que, quoi que vous fassiez dans cette pièce, la scène sonore reste parfaitement cohérente. Une réserve quand même : les timbres ne sont pas à la hauteur d'une Offrande par exemple. Deuxième réserve, si l'on peut dire, cela ne fonctionne vraiment bien que sur les enregistrements "live" où les TORRE restituent très bien l'ambiance du lieu de la prise de son. Sur des enregistrement réalisés en studio et mixés on ne sait pas trop comment, le résultat n'est pas le même, mais c'est très logique finalement.

Ce sont des enceintes qui sortent vraiment de l'ordinaire... et qu'il faut aborder comme tel si l'on ne veut pas être déçu, mais qui sont extraordinaire (au sens premier du terme) si l'on accepte de les aborder sans préjugés.

Guillaume GAY

Les a priori ont la dent dure !!!

Commençons par le début... Esthétique particulière, finition remarquable, concept certes pas très novateur en soi, cette paire d'enceintes a créée un intérêt particulier dans mon esprit. Je me souviens même avoir dit :" c'est beau, imposant, j'espère que ça marche bien, sinon dommage...".

Nous enlevons les caches, c'est la première fois que je passe la main (et le bras) à travers une enceinte, je regarde les haut-parleurs, je tapote, bruit sec. Aïe, cela va être un peu dur. Je refais le tour de l'enceinte, beau double-bornier, bien que surdimensionné à mon goût. Je m'étonne du positionnement des deux évents de chaque enceinte, j'apprécie (une fois de plus) la finition. Et, après avoir pris une dose d'anabolisants, nous les prenons sur notre dos pour les descendre dans un auditorium du sous-sol.

Donc, branchement sur l'ensemble Mimetism, placement à la louche, 5ème de Mahler (ça pardonne pas la cinquième de Mahler...) ; et là, deux chose : "Argh ! ça ne sonne pas" et "Ouah ! quelle image". Je regarde Guillaume, il fait une tête que je reconnais immédiatement. En même temps, la même phrase: "Bon, on va les laisser tourner parce que là, ça manque de rodage."
Quelques disques plus tard, nous laissons nos nouveaux jouets sagement, en espérant les retrouver plus tard adoucis et accoutumés au travail...

Quelques jours (nuits) de rodage plus tard ....

Même pièce, même disque, même système, même oreilles (enfin je crois...) mais pas les mêmes enceintes !!! Le son est plus fin, moins agressif (bien que possédant encore une légère coloration sèche), la qualité de timbre reste encore le point faible mais l'image est plus précise, et plus profonde, la spatialisation est remarquable et accentuée par une stabilité époustouflante. Un regard complice à mon complice (justement) :"Bon ca prend une bonne tournure tout ça ...".

Guillaume me suggère un test de placement d'écoute, en changeant les enceintes de place puis en changeant notre position d'écoute. Il s'occupe de la deuxième partie, et moi de la première. Après plusieurs positionnement différents, voire complètement loufoques pour des enceintes traditionnelles (en diagonale à travers la pièce), je m'étonne de la continuité de l'espace sonore. Ces enceintes ne s'entendent pas ; ou plutôt la musique se fait entendre mais pas le système !!

Bien sûr, la scène est plus plausible lorsque les enceintes sont en face de soi. Bien sûr qu'il faut les écarter de 3 à 4 mètres avec l’évent latéral vers l'extérieur. Mais, si on oublie ce côté plausible et que l'on ne garde en tête que le coté son, les TORRE sont hors du commun pour pouvoir fonctionner dans de telles conditions... Je n'ai "presque" jamais entendu une paire d'enceintes aussi facile à mettre en œuvre. Ce qui n'empêche pas de faire attention à ce qui est fait.

A enceintes extraordinaire, tests extraordinaires. Il est sûr que ce ne sont pas des enceintes conventionnelles mais le changement peut parfois être porteur... (Pardon, je m'égare... Je reviendrais la dessus dans ma conclusion).

Pour faire bref sur cette deuxième écoute, je dirais: belle scène sonore, faciles à mettre en œuvre, précises, manque encore de poids, de grain (grave écourté) et elles sont lourdes, voire très lourdes, après les avoir trimbalées à travers les 30 m² de l'auditorium...

Troisième et dernière écoute attentive... La révélation.

Cette fois je suis seul, il est tard, les chats sortent dans la rue à la recherche de nourriture, les passant se font rares, les voitures de même...  Quelques disques dans une main, un verre de martini blanc dans l'autre. Je me prépare a mon ultime écoute, la vraie, la seule qui compte aujourd'hui. Au programme, MC Solaar, Pink Floyd, Madeleine Peyroux, un disque test de la revue du son, histoire de faire comme un vrai journaliste, et quelques autres disques pour mon plaisir.

Je me pose, je m'installe, je monte le son !!!! 

"Solaar pleure" - qualité de disque très modeste comparativement aux autres mais qu'importe, ce morceau m'a toujours fait avoir des frissons dans le dos et titillé mon système pileux. Le grave est là, l'attaque (sèche au possible mais ça, c'est le disque) est là, j’entends des voix partout, à gauche, à droite, Diablo est carbonisé dans la pièce d'écoute... J'ai mis deux minutes pour récupérer un semblant de calme. Morceau numéro 9 "Arkansas", moins connu mais avec une bonne restitution de "sons de rue". Surprenant, réaliste, une petite fille était à ma gauche pendant les 1 minute 39 de la plage. Même sur les Offrande je n'avais pas eu ça.

Echoes, la plage 8 du disque 1 – « The great gig in the sky ». Formidable présence de la choriste. Elle se sert de sa voix comme d'un instrument (Moby pourra dire merci à Roger !!!). D'abord éloignée avec une petite résonance puis, elle se rapproche, tout est plus net, puis elle s'éloigne. C'est beau, tout simplement. Les variations de sa voix restent dans l'air, c'est un régal.

Après ces quelques plaisirs et une pause cigarette, je me remets au "travail" (si, si, c'est dur la vie...). On va tester les timbres maintenant... CD Test Revue du son N° je ne sais plus combien... A vrai dire, ce n'est pas grave, ce sont tous de bons morceaux de toute façon. Et là, c'est sûr, la qualité globale des timbres reste « en dedans » au vu des autres qualités de la TORRE. Mais, ne pas croire qu'elles sonnent faux. Elles sont dans la bonne moyenne pour ce critère mais le reste étant extraordinaire, on a simplement envie de lui demander plus. Pour les timbres, il y a les Offrande (je sais, ça fait deux fois que j'en parle mais bon, vous commencez à me connaître).

Je vous passe le test des applaudissements ou autres bruits blancs, roses, bleus, vert à petits poids jaune... Mon avis est fait.

La TORRE est une paire d'enceinte facile a mettre en œuvre. Il faut leur associer des électroniques globalement du même niveau qu'elles mais elles peuvent se satisfaire de moins, ou se transcender avec plus (test avec full ICOS, environ 13000 euros). Elles n'ont pas de sonorité marquée, elle dépendra des électroniques, mais elles vous feront vibrer comme rarement une paire d'enceinte peut le faire dans cette catégorie de prix. Le grave s'exprime librement sans lourdeur, l'aigu reste présent sans être agressif pour nos belles petites oreilles et la stabilité globale de la scène sonore reste le plus beau cadeau que cette enceinte puisse nous faire.

Selon moi il faut dépasser nos préjugés et oublier les critères standards d'écoute. Pour profiter pleinement de ces enceintes il suffit.....

...d'écouter simplement !!!!

Olivier Double

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